La Commune Libre conseille : BORONALI, l’âne peintre de Montmartre au Grand Palais ! jusqu’au 04 juillet 2016

« Et le soleil se coucha sur l’Adriatique » au Grand Palais ! du 2 mars 2016 au 04 juillet 2016

Ils voulaient se moquer des snobismes du monde de l’art, ils finiront au Grand Palais. La célèbre toile peinte par l’âne Boronali est exposée au Grand Palais depuis le 2 mars dans le cadre de l’exposition Carambolages.

A l’origine du tableau intitulé Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique, la queue de l’âne Lolo bien sûr, mais surtout une bande d’artistes moqueurs de Montmartre qui, en 1910, voulaient se moquer des critiques d’art et des peintres d’avant-garde. A noter que Jules Depaquit, futur premier Maire-Dictateur de la Commune Libre de Montmartre figurait parmi les trois dangereux agitateurs.

FredeBoronaliFrédé et Boronali

L’affaire BORONALI est probablement la quintessence de ce que « l’esprit » montmartrois peut avoir de pervers. Roland Dorgelès, connu pour ses farces de rapin et ennemi de l’Art d’avant-garde, Jules Depaquit et André Warnod empruntèrent l’âne de Frédé (Gérant du Lapin Agile), animal à la retraite et grand amateur de tabac à brouter. En présence du peintre Girieud et d’un huissier, Dorgelès trempa la queue du baudet dans la peinture, puis on lui donna à manger, et l’animal manifesta sa joie en remuant la queue sur une toile opportunément placée. L’œuvre jugée terminée, l’homme de loi s’était enquis de son titre, afin de compléter son constat. C’est Dorgelès qui en décida : « Et le soleil se coucha sur l’Adriatique », signé Joachim Raphaël Boronali.

Boronali
Exposé au Salon des Indépendants, le succès dépassa les espérances des auteurs du canular, surtout lorsque ceux –ci en firent part à la presse. Ce fut dans Paris un éclat de rire général.
Les compères désiraient se moquer de l’Art moderne, la face aboutit en fait à ridiculiser les critiques d’Art. Qu’aucun spécialiste ou amateur avisé n’ait remarqué l’anagramme d’ALIBORON est en soi déjà surprenant. Exposée à Milly-la-forêt (Essonne) depuis son acquisition par un amateur d’art local.
Veut-on continuer le canular et se moquer des avants –gardes, ou est – ce que le témoignage d’un esprit frondeur ? On touche là à ce qui fait le fond de l’ambiguïté de Montmartre, certains écrivains ont vu dans les rénovateurs de l’Art Moderne des canards couvés par une poule ; et d’ailleurs André Salomon avait noté dans souvenirs de la Butte que l’œuvre n’était pas si mal que ça et l’on pouvait y distinguer l’influence de Girieud qui avait orienté les coups de queue de l’animal. Encore un trait de ce fameux humour montmartrois, très proche de celui du Chat Noir et du Mirliton.
A Montmartre, tout finit par des chansons, c’est ainsi que Martin-Kavel écrivit paroles et musique d’une œuvrette oubliée qu’il intitula « le chef d’œuvre impressionniste ».
Le Grand Palais propose une exposition inédite au concept novateur : décloisonner notre approche traditionnelle de l’art, dépasser les frontières des genres ou des époques et parler à l’imaginaire collectif. Plus de cent cinquante œuvres d’art sont ainsi regroupées selon leurs affinités formelles ou mentales.
Dans un parcours laissant place à la poésie visuelle, la pédagogie du sensible et les surprises de l’art, le visiteur déambule parmi les œuvres de Boucher, Giacometti, Rembrandt, Man Ray ou encore Annette Messager.
Très belle exposition à ne pas manquer !

au Grand Palais, du 2 mars 2016 au 04 juillet 2016

source Office du Tourisme de Montmartre