Registres de la Municipalité de Montmartre (1794)

 

D’après le compte rendu de quelques séances de la Société populaire du”Mont-Marat”, nous apprenons :

Le 15 nivose de l’an II (4 janvier 1794) une assemblée générale de la Commune de ce lieu avait pris la veille un arrêté pour organiser le comité révolutionnaire et nommer ses membres.

Le citoyen Gaillard, agent national, les a invités à nommer provisoirement un président d’âge et un secrétaire. Ils nomment président d’âge le citoyen Peillon et le citoyen Lepron pour secrétaire.

On inscrit les membres  par ordre de nomination les citoyens suivant :

Benjamin Desportes (le frère de Félix, maire de Montmartre) citoyen Français

Pierre Debray meunier.

Louis Raimbault, maçon.

Keller, archand.

Préaux, fabricant de casques.

Taillefer, ouvrier en porcelaine.

Pierre Boucher, cultivateur.

Jacques Mathurin Chevalier, instituteur.

Peillon, marchand de vin.

Jacques Compoint*, cultivateur.

François Ernoult, marchand de vin.

Lepron, marchand clinquallier (sic) et foirerier (?).

Sont élus président et secrétaire pour quinze jours : Peillon, Chevalier et ont signé, à l’exception de Lepron.

*La famille Compoint possédait de vastes terrains maraîchers à Saint-Ouen et sur le versant nord de la colline de Montmartre.

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Le 28 nivose an II : Des marchands ferment leurs boutiques et cessent de les approvisionner pour ne pas vendre à perte. On nomme deux commissaires, les citoyens Préaux et Ernoult, pour visityer les jardins de luxe, propres à être  cultivés en denrées alimentaires.

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5 ventôse (5 mars) : Enquête sur le citoyen Chabault qui a demandé le visa de son passeport sous prétexte de voyager pour affaire de commerce. On présume que c’est pour voyage de plaisir avec la citoyenne Thérèse Ganet ou Ganot, connue sous le nom de Thérot, avec laquelle il a une liaison très étroite. (Tout homme qui dans le commencement des dangers de la République, demande un passeport est supect). Interrogé par le président, il répond qu’il avait demeuré dans différentes sections de Paris en hôtel garni et qu’il avait acheté une maison à Montmarat.

Source : Archives de la préfecture de la Seine, n°q 342.