Pierre LABRIC (1891-1972) – journaliste, sportif et maire de la Commune Libre du Vieux Montmartre (1929-1972)

Victor, Joseph, Louis, Pierre Labric né le à Paris 2e et mort le à Paris 9e, est un cycliste, journaliste sportif français.

Pierre Labric, journaliste au Petit Parisien, avait des relations dans la Presse. Ainsi pour faire son portrait nous disposons de centaines d’articles, de dizaines de reportage filmés, mais assez peu de textes de l’intéressé.
Il avait aussi des amis fidèles sur lesquels il pouvait compter. C’est le cas de la bande des quatre : l’historien Paul Yaki, « l’amiral » Fred Bretonnière, le peintre Jean d’Esparbès, et le poète Robert Lamarque, inséparables de Pierre Labric dans toutes les bonnes occasions de s’amuser et de créer de l’animation à Montmartre. Sous l’étiquette des « Amis du Vieux Montmertre », ils publient un petit fascicule à la gloire de leur Maire, ce qui nous permet d’en savoir plus sur l’illustre cycliste.Quelques semaines après son décès, l’information fut donnée à la Société d’Histoire que les mémoires de Pierre Labric, dont celui-ci aurait corrigé les épreuves, allaient bientôt paraître. Depuis 1972, nous attendons toujours.
En revanche, nous avons pu bénéficier d’archives sauvées par Jehan Mousnier en 1985. Ce sont principalement des photos, des sous-verres décrochés à la hâte, des affiches, des diplômes, tous concernant exclusivement la période où Pierre Labric était maire.
Nous avons pu également consulter à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris le “Livre des Mariages et Divorces” (1916-1948) et à la Société d’Histoire le fameux “Livre d’or” (1946-1972), registre et cahier d’écolier que Pierre Labric tenait consciencieusement et qui relate les déplacements et les réceptions, ainsi que des dessins originaux, des photos et coupures de presse.

Victor, Joseph, Louis, Pierre Labric est né le 6 mai 1891, boulevard Bonne Nouvelle (Paris 2ème), jour de la mi-carême. Signe de chance ? En effet, à l’âge de six ans, il aurait échappé de justesse à l’incendie du Bazar de la Charité.
Son père Joseph Labric est journaliste. Sa mère Jeanne Cot-Labric (1861-1947), une artiste peintre et brodeuse d’art. Elle pratique la « peinture à l’aiguille », technique combinant peinture et broderie. Plusieurs œuvres sont connues, un portrait de l’aviateur Guynemer et un de Georges Clemenceau. Elle a également réalisé en 1922 un portrait du garde-champêtre de la Commune Libre, Edgard Fasquelle dit Mon Oncle.
Pierre Labric commence sa carrière comme apprenti jockey, mais rapidement «change de monture ». En 1911, il dispute le championnat de
France de Cross cyclo-pédestre, à Saint-Cucufa. Il effectue son service militaire au 32ème régiment d’infanterie à Reims où il est sacré Champion
« gaucher » d’escrime à la baïonnette, sport assez peu pratiqué de nos jours, mais qui mérite certainement d’être connu. Il y gagne aussi une
bonne réputation de coureur à pied.
Toujours sous les drapeaux, deux jours avant la déclaration de guerre, il met en fuite une patrouille de Uhlans, imprudemment engagée sur le territoire français. En septembre 1914, le caporal Labric, blessé, dégage douze hommes et sauve le drapeau du régiment. Il reçoit la croix de guerre. Il recevra la médaille militaire… en 1935 !
A son retour à la vie civile, bien que reconnu inapte par l’armée, il fait son baptême de l’air ce qui va lui ouvrir de nouveaux horizons. Après les élections d’avril 1920, il va emmener dans les airs Jules Dépaquit. Il fera aussi voler au dessus de sa circonscription le député de Clignancourt, Barthélémy Montagnon. Il va ensuite s’initier au parachutisme, à une époque où les parachutes s’ouvraient… en général.
Adjoint aux sports de la Commune Libre, il crée dès 1921 la fameuse course au ralenti. Et il débute sa carrière de journaliste sportif au journal Le Petit Parisien. Parallèlement, il est manager de coureurs cyclistes, dont le champion amateur 1921, Jean Brunier.

En 1922, il réussit la descente à vélo des escaliers de la rue Foyatier, puis en 1923 les escaliers du premier étage de la Tour Eiffel, il récidive ensuite avec les escaliers du Grand Palais à Paris, ceux de la Gare Saint-Charles à Marseille et bien d’autres.
En 1924, il poursuit sa carrière sportive en gagnant trois courses motocyclistes de côtes. Et il réédite l’exploit de Gambetta en s’envolant en ballon du maquis de la Butte, ou plutôt ce qu’il en reste encore, avenue Junot.
En 1925, il fonde la Fédération française de Marche, crée le Bol d’Or de La Marche et la fameuse course Paris-Strasbourg. Il organise aussi le championnat des porteurs de journaux.
En 1930, avec Daverdian, il écrit les paroles de Montmartre Pays d’amour, musique de Aris et Leriche, chanson créée par la chanteuse Lyna Margi.
Le grand œuvre de Pierre Labric, ce sont certainement les Vendanges de Montmartre.
Ne relâchant pas ses efforts, Pierre Labric s’élance dans la course automobile Paris-Les Pyrénées-Paris.
Mais en 1939, ça repart et, compte-tenu de ses nouvelles compétences aéronautiques, Pierre Labric est mobilisé en tant que sous-lieutenant de l’armée de l’air. Pour faits de guerre exceptionnels, en 1947, il est fait chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur sur proposition du Ministre des
Armées. La croix de chevalier lui est remise par l’aviatrice Maryse Bastié.
En 1952, il crée le Syndicat d’Initiatives du Vieux-Montmartre, la Confrérie des Paysans de Montmartre et la très originale Course des marchandes de quatre-saisons.On lui doit aussi le « Salon de Toile » de la Place du Tertre.
Pierre Labric a conduit sa vie en s’occupant des autres à la Mairie de la Commune Libre du Vieux Montmartre, poursuivant sa carrière sportive et ses activités professionnelles, et toujours soutenu par son épouse Renée.
Organisant depuis le début de son mandat de nombreuses manifestations et galas de bienfaisance en faveur des enfants, des chômeurs, des publics déshérités, il a soutenu activement l’œuvre des Vieux de Montmartre, que préside Marcel Albertini.
De nombreuses décorations lui ont été décernées. Médaille d’Honneur d’Or de l’éducation physique (1930), Médaille d’honneur de l’Assistance Publique (1932), Chevalier du Mérite Agricole (1932), Chevalier du mérite Social (1957), Commandeur des Palmes Académiques (1959). Il a reçu également les médailles d’honneur de la Ville de Paris et du Conseil Général de la Seine.

Il est le frère du coureur automobile Roger Labric.
Il est mort le 15 mai 1972 à Paris 9ème.

Nous avons retrouvé sur le fascicule concocté par la bande des « Amis du Vieux Montmertre », un poème, non signé, dont la qualité littéraire laisse un peu à désirer, mais qui est parfaitement adapté à l’esprit montmartrois.

Es-tu « bath » lorsque de tes fouilles,
Tu pêches dix, quinze bafouilles
Venant parfois de PAPEETE,
Sans te faire, plus haut, péter…
Notre PIERRE est beaucoup moins poire,
Libre à vous de ne point me croire.
Ah ! puissiez-vous, loin du tapage,
Admirer les nombreuses pages
De son ravissant « Livre d’or »
Qui, dans la vieille Mairie, dort.

Source : “La fantastique histoire des Communes Libres de Montmartre” – ed.La Butte Libre – 2020

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