Après la Grande Soirée des Mariages Montmartrois du mardi 20 novembre (album photos)

Mariez-vous, re-mariez-vous, dé-mariez-vous (possibilité aussi de divorce montmartrois). Tous mariages acceptés (conjoint-e, copin-e, collègue, beau-frère, concierge, mobylette, lévrier …). Couples, Trouples et plus si affinités.

Tel était l’appel lancé à la cantonade depuis plusieurs semaines. Quatre couples ont saisi l’occasion, se sont inscrits et ont rempli les formalités d’usage auprès du Secrétariat de Mairie. Ils se sont également libéré de leur dette en réglant les taxes locales exigibles auprès du Phéroce Gardien des Phynances.

Et voilà comment se déroula la Grande Soirée des mariages Montmartrois qui eut lieu le mardi 20 novembre 2018 au Restaurant La Crémaillère 1900, place du Tertre à Montmartre.

Trente-quatre citoyennes et citoyens s’étaient réunis autour de Marielle-Frédérique TURPAUD, not’bon Maire. On remarquait la présence du Président de l’Association et premier adjoint Jean-Loup BOUVIER, de la Secrétaire Générale de la Mairie Sigrid MOUSNIER, du Gonfalonier Municipal Jean-Pierre DESMOULINS, de l’Amiral Georges VAL et du Chef des Services Secrets de la Marine de Montmartre François TRÉMAUD, Mireille, Victoire, Marie-Claude, Jean-Jacques, Christophe et Jean NOUBLI forcément.

Photo Philippe BL

Les futurs mariés étaient présents, heureusement, certains avec un léger décalage horaire. Ils avaient tous pris la précaution de se faire accompagner d’une palanquée de témoins binoculaires, de témoins d’immoralité et de faux témoins. On notait une délégation solide des Compagnons du Beaujolais, sous la houlette amicale d’Olivier V. et concomitamment d’un arrivage significatif, mais liquide celui-ci, de Beaujolais nouveau, destiné à une opération-test réalisée le soir-même selon les critères scientifiques les plus rigoureux.

photo Olivier V.

On nous signale qu’étaient également attablés le Président de la Société d’Histoire Jean-Manuel GABERT, le garde-champêtre Bernard BEAUFRÈRE en civil et en congé sans solde, et notre amie chanteuse PATTIKA, en live !

Une fois la soupe à l’oignon avalée, le canard à l’orange dégusté, il était temps de passer à l’ordre du jour.

photo Olivier V.

L’Amiral file vers le piano et joue quelques notes du fameux hymne montmartrois « Je cherche fortune », pendant ce temps des numéros du « CHAT NOIR » sont distribués à la population environnante.

 

Photo Philippe BL

Conformément à la tradition multiséculaire, initiée par Jules DEPAQUIT en 1920, le Maire en exercice va procéder aux cérémonies pour lesquelles nous étions tous venus.

 

photo Olivier V.

 

« Citoyennes et citoyens, je requiers de votre part et de celle de l’assistance publique, la plus grande attention … ». Cet appel étant fait, dans un  premier temps, le Maire donne lecture du « Code Civil Immuable et Fluctuant ». A ce propos, rappelons que le Code Civil Montmartrois fluctue lui aussi, mais ne mergiture pas non plus. Le Code Civil en ses nombreux articles, détaille les rares droits et les multiples devoirs des deux époux qui auraient convolé selon notre tradition.

Puis c’est au tour du Greffier de lire les articles du Code des Mariages Montmartrois, en vigueur depuis des temps immémoriaux, et peut être même plus.

Photo Philippe BL

Le Maire va appeler chaque couple à se présenter (poliment). Devant elle, se tiennent un verre de vin blanc, un verre de vin rouge et un tire bouchon. A ses côtés, la secrétaire générale de mairie tenant la « corde fatidique » et le greffier portant le registre des mariages. (photo Philippe BL)

Elle interpelle les candidats au mariage : « Nous allons vérifier une dernière fois votre volonté de persister dans votre erreur et pour ceci, … », elle ajoute « prenez chacun un verre de vin et, tels BENHUR et MESSALA, croisez vos bras et buvez le verre de l’autre. »

Ceci fait, elle renouvelle la question : « Et maintenant, persistez-vous toujours ? », percevant une certaine hésitation chez l’un et l’autre, elle leur lance : « dites OUI ». Alors, librement et de leur propre chef, et sous-chef, les époux disent OUI.

 

Le Maire proclame alors: « Ils ont dit OUI ! », et brandissant son tire-bouchon de la main droite, ajoute avec toute la solennité requise en pareille circonstances « Le mariage étant aussi provisoire que la scarlatine, je vous déclare unis pour le meilleur et pour le rire ! » Et la foule en délire s’exclame « Vivent les mariés, vivent les mariés ! », s’ensuit un indescriptible charivari qu’il faut très rapidement faire cesser pour passer au couple suivant. Sinon hein, qui c’est qui commande ici ?

C’est à ce moment que notre Secrétaire Générale de Mairie, Sigrid, passe la corde au cou des mariés. Et, compte tenu de la température ambiante, leur annonce que le tour règlementaire de la Place du Tertre sera fait lorsque les conditions météorologiques seront réunies. Mais qu’il ne perdent rien pour attendre.

Puis, nous passons aux choses suivantes et revenons sur chacun des couples. C’est d’abord le tour de Jean-Pierre DESMOULINS (de la Turlure) et Véronique DESMOULINS (de la Galette).

Vient ensuite le tour de Richard OREN, compagnon « honoraire » du Beaujolais qui tient absolument à se marier avec la brune Joy (serait-elle la Belle Jolaise ?).

Photo Philippe BL

Ceci fait, le Maire appelle Carole et Mireille et réciproquement. Deux copines de trente ans (voire plus) qui sont venues l’une avec son mari, l’autre avec son voisin de palier. Mais trop respectueux du droit à l’indifférence, nous ne dirons pas qui est qui, et lycée de Versailles.

Et comme ça n’est pas terminé, il faut encore marier un drôle de couple tout de vert et rouge vêtu. Il s’agit de Philippe, dont le nom patronymique (hic !) signifierait « beau forgeron » et la blonde Sophia, dont les origines seraient belgo-polonaises, selon les milieux autorisés. Et toujours dans la joie et l’allégresse !

 

 

 

 

Et quand tout ceci a l’air d’être terminé, que nenni ! Il reste encore à remettre à chaque couple la carte de mariages valable un an pour 12 mariages et 12 divorces, ainsi que l’acte officiel portant au verso le code des mariages. Enfin, il fait faire signer les actes figurant au registre par les époux et par les témoins de complaisance.

Et comme tout s’achève par des chansons. D’abord, un petit morceau de piano par notre Amiral. Puis part spontanément de la table de Philippe et Sophia, « la vie en rose » : c’est Carole (pas la mariée de Mireille) aux origines plus que montmartroises … sa grand mère tenait le fameux bistro « Le Progrès », rue des Trois Frères. Sitôt fini, c’est PATTIKA, à l’autre bout de la salle qui reprend le flambeau avec « L’hymne à l’amour ». Piqué au vif, notre garde-champêtre Bernard BEAUFRERE nous dit un superbe texte de Jacques Prévert.

Photo Philippe BL
Photo Philippe BL

 

 

 

Il est tard, les convives se retirent dans leurs appartements. Et leurs pas lents résonnent sur le pavé humide, dans les ruelles de la Butte. Et c’est grâce au Kir, au Beaujolais nouveau et au Bergerac, qu’ils s’aperçoivent que les Escaliers de la Butte sont bien moins durs (aux miséreux) quand on les descend.

La lune brille derrière les rares feuillages des arbres dégarnis par l’automne. Le camion de la fourrière (Hou, Hou !) continue son sinistre manège dans les rues pentues, sinueuses et sombres et vient avaler sournoisement les voitures des citoyens transis, tel l’ogre qui dévore les petits enfants.

Les photos sélectionnées sont de Chris Dé, Philippe BL, Olivier V.

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ON ATTEND LES VÔTRES !

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