Michel HERBERT (1898 – 1978), chansonnier, anarchiste et dictateur

Michel HERBERT fut de l’équipe de la Commune Libre. Après le décès de Jules DEPAQUIT qui était « maire-dictateur », et la séparation en deux Communes Libres, HERBERT rejoignit celle du Vieux Montmartre dont le premier Maire fut LEMOINE, le Père La Bille, patron de « La Mère Catherine ». Il fut derechef proclamé « dictateur ». A la mort de LEMOINE en 1929, ce fut Pierre LABRIC qui lui succéda, HERBERT s’étant récusé. Le Journal « Le Petit Parisien », dont LABRIC était un des collaborateurs, écrivait du dictateur que « sa manche était plus étoilée que le firmament ». Jehan MOUSNIER raconte qu’en 1936, le « dictateur » HERBERT fut reçu ès qualités par MUSSOLINI ne comprenant rien à un Michel se faisant annoncer par « Liberté, Égalité, Fraternité ». A son retour à Paris, HERBERT renoncera à son titre, « certain en faisant un trop mauvais usage », écrira-t-il.

 

Michel HERBERT à cheval en 1932

 

Extrait du dictionnaire des militants anarchistes

HERBERT, Michel

Né le 12 mai 1898 à Paris – mort en 1978 – Chansonnier – Paris

Michel Herbert serait le petit-fils d’un officier fédéré de la Commune de Paris. Son père serait né sur les barricades, place du Panthéon. Michel Herbert fut, en avril-juin 1919, journaliste au Titre censuré de Georges Anquetil, feuille communisante qui soutenait la Révolution russe. Selon Léo Campion il était alors libertaire et avait participé le 1er mai 1919 à la manifestation sur les grands boulevards « en brandissant un drapeau rouge et noir » aux cotés de Germain Delatousche. En 1920 il fondait le groupe (ou journal ?) Les Pieds dans le plat et commençait une carrière de chansonnier à Montmartre où il adhéra au groupe de chansonniers révolutionnaires La Muse Rouge. Initié à la franc-maçonnerie en 1932, il devint par la suite socialiste. Michel Herbert, qui fut après guerre le bibliothécaire de la SACEM et qui est l’auteur de l’ouvrage « La Chanson à Montmartre » – dans lequel il ne cite aucun de ses anciens camarades – est décédé en 1978.

Sources : H. Coston, Dictionnaire de la politique française (1972) = Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier…, op. cit. // Notes D. Dupuy // R. Brécy « Autour de la Muse rouge… », op. cit. /